Burkina : Blaise Compaoré ou Sieur Ravaillac !

Burkina Faso

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« Blaise Compaoré a un sérieux problème avec le sommeil, analyse par ailleurs au téléphone le docteur Mamadou Mbodji, psychologue à Dakar. »

Criminel dormeur

Surnommé « Ravaillac », du nom de l’assassin du roi de France Henri IV, par ses camarades de lycée, Compaoré eut en effet cette réponse désarmante lorsqu’on lui demanda en octobre 1987 de s’expliquer sur la liquidation de Sankara qu’il considérait, la veille encore, comme « son frère » : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, je dormais », lâcha-t-il.

Souci de réveil…

Lorsque, deux ans plus tard, deux autres de ses frères d’armes et poches compagnons, le commandant Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo, furent sommairement exécutés, Blaise Compaoré se trouvait de nouveau dans les bras de Morphée. « Comment est-ce possible qu’un tribunal révolutionnaire condamne à mort et fasse exécuter les numéros 2 et 3 du régime sans que l’on ne réveille le numéro 1 pour prendre son avis préalable ? », risqua, à l’époque, un journaliste. « Ce sont des jeunes qui assument parfaitement leurs responsabilités », s’entendit répondre l’intéressé. Nouvelle question : « Dans ce cas, ils peuvent bien se lever un matin, se saisir du numéro 1, le juger et le faire exécuter ». Réplique du président du Faso : « Ah non ! Ce sont des jeunes éveillés et responsables… »

Invocation du sommeil

« L’invocation du sommeil permet à Blaise Compaoré de dégager sa propre responsabilité, de se défausser sur autrui, en l’espèce sur sa garde rapprochée, comme si celle-ci pouvait agir à sa guise et à son insu, poursuit le psychologue dakarois Mamadou Mbodji. Mais quand il fallu modifier la Constitution ou lorsqu’il a fallu prendre la poudre d’escampette, il a curieusement oublié de dormir. »

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